Salut
Vous l’aurez compris, dans les échanges que je propose il sera très souvent question de soi-même, et peu des autres. L’orientation de cette démarche sera la décision d’aller vers la manifestation de qui nous sommes. Nous aurons pour ce chemin, à priori, à accepter ce qui a pu nous arriver et abandonner progressivement l’idée de rétribution.
Il n’y a pas rétribution, ce qui a été a été.
Et chacun (e) est là pour témoigner la traversée de ces difficultés surmontées.
Alors,
Se savoir digne; se sentir digne…
Et ne plus attendre des autres, ou de la vie, les signes de reconnaissance de cette dignité, mais les accueillir quand ils arrivent. Et surtout s’attribuer à soi-même, la possibilité d’énoncer cette phrase:
« Je me sens digne ».
Ce matin, en pensant à cette page que j’écris dans la douceur de cette après-midi, il me venait à l’esprit que nous disons souvent qu’il est juste de se rappeler d’où l’on vient.
Soit.
Mais peut-être s’agit il plus encore d’accepter, de prendre ce qui fut notre passé dans une ouverture des bras et du coeur qui n’exclut rien de ce qui a été.
En quelque sorte, accepter de faire sien l’ensemble de sa vie et à la fois, dans un même mouvement de la pensée et du coeur, reconnaître sa propre lumière. Ce n’est pas forcément facile.
Et aussi reconnaître sa propre ombre. Ce n’est pas forcément facile non-plus.
Pouvoir, dans une auto-observation, les anciens parlaient d’examen de conscience, décider, oser, se pardonner à soi-même.
Il n’y a là nulle complaisance. Il n’y a, selon moi, pas de plus grand courage.
Il y a de la complaisance à rester dans les schémas auxquels on adhère par peur de l’inconnu.
Il y a en nous la capacité humble de s’accepter tel que l’on est, s’accepter avec bienveillance.
Comment être bienveillant avec les autres si l’on est incapable de l’être avec soi ?
Cette question, chacun (e) devrait se la poser et pouvoir (re) considérer ce que l’on prend souvent pour de la bienveillance pour l’autre.
Alors, il s’agit bien de cheminer et nous allons le faire en allant de là où nous voulons arriver pour remonter vers là d’où l’on est parti.
« Quand on sait où l’on va, il est possible de regarder d’où l’on vient« .
Il n’est pas aisé de considérer avec un regard bienveillant certains des actes que l’on a pu poser.
Il y a en nous un juge souvent beaucoup plus sévère que les juges les plus sévères que l’on craint.
Quand je me sais, me sens digne, je suis au-delà des jugements négatifs que je pouvais poser sur moi.
Le sentiment de dignité que j’éprouve, quand il trouve son origine au cœur de mon être, me renvoie la certitude de mon unicité, de ma complétude. Je peux m’appuyer sur cette réalité intérieure.
Sans complaisance. Mais avec la connaissance de la nature humaine qui m’habite.
Que peut-on mettre sous ce vocable de dignité ?
Je propose ces quelques points pour aller vers cette reconnaissance:
-Reconnaître mes limites sans me soumettre et sans complaisance
-Assumer pleinement ce en qui je suis aussi un être fini, vulnérable.
-Cesser de me mentir et chercher à nourrir ma vérité.
-Savoir par l’expérience ce qu’est la dignité de soi.
-Agir en congruence.
Alors, confiant en moi, en ce qui est, je vais me souvenir des étapes du chemin.
Je vais les reconnaître pour pouvoir les accueillir au plus intime de moi, et cesser enfin la guerre que je me livrais à moi-même.
Aujourd’hui, séparons-nous sur ces vers d’Antonio Machado dans « Proverbios y cantares »:
« Ne soyez pas surpris, amis, que mon front soit ridé.
Je vis en paix avec les hommes et en guerre avec mes entrailles ».
Et si, chacun, chacune d’entre nous pensait, dans ces temps agités que nous vivons, à s’asseoir à la table de négociation pour la paix…intérieure ? A la prochaine !

Laisser un commentaire